Antigone

Antigone

Mise en scène : Marie Chabauty
Jeu : : Jean-Pierre Bechaz, Elodie Borey, Corinne Boulais, Claire Josso, Sylvie Koeschlin, Sebastien Reccio, Guillaume de Sagazan, Marie Smouts

Introduction : Antigone est une jeune fille dévouée pour sa famille, orgueilleuse et assoiffée d’absolu. Elle a accompagné son père Œdipe jusqu’à sa mort. Maintenant, elle vit avec sa sœur Ismène et sa Nounou dans le palais de son oncle le roi Créon. Elle est fiancée depuis peu à Hémon, le fils de Créon. Les frères d’Antigone, Etéocle et Polynice viennent de s’entretuer pour le pouvoir et Créon a ordonné, pour des raisons politiques, de n’enterrer qu’Étéocle, laissant sans sépulture celui qu’il considère comme traître, Polynice. Quiconque enfreindra la loi sera puni de mort…Ne pas rendre à son frère les derniers devoirs funèbres est pour Antigone lâche et monstrueux … Alors ce matin-là, très tôt, sans prévenir ses proches, bravant l’interdit, elle est sortie du palais avec une idée en tête…

Note d’intention : Antigone est l’un des personnages les plus célèbres du théâtre antique. En 440 av JC, dans la pièce de Sophocle, elle incarne l’obéissance à des lois divines et morales qui transcendent la justice humaine. En 1944, quand Anouilh réactualise le mythe, à cause du contexte, Antigone devient une figure de la résistance à l’oppression. Mais Anouilh ancre la tragédie dans un quotidien familial où l’humour côtoie le drame, où le langage est simple, où la situation politique est intimement liée aux affects et aux conflits familiaux ordinaires… Alors, Antigone ce pourrait être aussi un petit déjeuner familial qui se termine mal, mettant aux prises une adolescente intransigeante, refusant les compromis, fascinée par la mort parce que voulant tout de la vie,  avec sa Nounou, sa sœur, son fiancée et surtout son oncle Créon ! Roi certes, mais tout aussi démuni que n’importe quel père face à l’obstination irrationnelle de la jeunesse, à son désir d’absolu, tantôt maladroit, moralisateur, affectueux, tantôt autoritaire, cruel et monstrueux.
Ce drame politique s’accompagne ainsi de l’éternel conflit des générations, nous mettant face aux abominations nées de l’absence de concession, que ce soit dans la cité ou dans la famille. Y a t-il une supériorité des lois de la cité sur nos lois intérieures ou divines. Qui doit céder ? Qui a raison de s’obstiner ? Est-il possible de trouver dans un conflit politique ou générationnel une voie moyenne entre deux exigences aussi défendables l’une que l’autre mais aussi mortelles dans leur obstination ?

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